Qu’est-ce que le courant d’Huchet ?

Pour une raison ou une autre, vous vous intéressez aussi au Courant d’Huchet ? Le Courant d’Huchet a suscité et suscite encore le plus grand intérêt. Il est devenu aujourd’hui un réel objet de curiosité, voire un sanctuaire pour les touristes et les promeneurs en quête de retour à la nature. C’est pourquoi, dans cet article, nous allons vous donner des détails à son sujet.

Histoire et présentation du Courant d’Huchet

Découvert en 1908 par le poète Gabriele D’Annunzio qui était de passage dans les Landes, le Courant d’Huchet est un site riche en histoire, en traditions et également en habitats pour la faune et la flore. C’est en effet un fleuve côtier présent sur les villes de Léon, de Vielle-Saint-Girons et de Moliets-et-Maa, dans le département des Landes. Surnommé aussi le courant joli, l’Amazonie landaise ou la Côte d’Argent, le Courant d’Huchet offre une balade exceptionnelle au cœur de la nature, entre le Lac de Léon et la plage de Moliets dans la région. Ce n’est que plus tard, vers 1920, que Maurice Martin, Rosny Jeune et Loys Labèque le font connaître dans toute la France. Ce cours d’eau serpente sur neuf kilomètres pour un dénivelé de sept mètres. Dans sa partie amont, il est composé de trois bras, appelés canes, qui traversent une zone marécageuse gagnée sur l’étang. Ces trois canes se réunissent au lieu-dit « la Nasse » pour devenir un seul et unique cours d’eau : le Courant d’Huchet. Mais, jusqu’au début du XXe siècle, le Courant d’Huchet n’a qu’une seule fonction : nourrir les pêcheurs professionnels de l’étang de Léon qui pratiquent la pêche à l’anguille et leur rapport à la rivière n’a alors d’extraordinaire que les prises miraculeuses qu’ils peuvent y effectuer. Dans ce coin du Pays Landais, où la vie est rythmée par les activités agricoles et forestières, le destin du Courant d’Huchet va donc basculer à la faveur du développement de la station balnéaire d’Hossegor. À la fin de l’année 1905, accompagné par les pêcheurs de Léon, Maurice Martin effectue sa première descente du Huchet. Dans les années qui suivent, il fait découvrir le Huchet à ses amis artistes, écrivains et journalistes qui, sur les traces de J-H. Rosny, viennent de découvrir Hossegor et son lac. Tous témoignent dès lors de leur enchantement en rédigeant de nombreux articles élogieux dans la presse et les revues réputées de l’époque. Ils font connaître à la France entière, surtout celle des salons parisiens, les charmes du Courant d’Huchet. Le Courant d’Huchet est donc décrit comme une petite rivière sauvage où la végétation est étonnante par sa diversité aquatique et sylvestre. Vous y découvrirez des arbres de toutes essences, certains tombants de vieillesse sur le cours d’eau, les lianes enchevêtrées, de variétés surprenantes de fleurs des plus lumineuses. Il s’agit d’un véritable décor animé par les oiseaux, les grenouilles, les insectes et surtout, les innombrables libellules. C’est la vision d’un endroit rêvé pour les pêcheurs et d’un lieu de détente pour les promeneurs. Après le lac, où vous trouvez les derniers nénuphars jaunes, vous entrez dans une partie marécageuse d’une grande richesse botanique, on y trouve en abondance l’Osmonde Royale, les Karebs dont nos pères se servaient pour rempailler les chaises, la Sagittaire et bien d’autres espèces. Après le barrage de la nasse qui sert encore l’hiver pour la pêche à l’anguille, on entre dans la partie sauvage du Courant d’Huchet ; dans cette forêt vierge, le batelier a du mal à naviguer tellement la rivière se rétrécit ; on y trouve des hibiscus roses et des cyprès chauves dont les racines ressortent de la terre pour oxygéner l’arbre l’hiver, quand il a perdu ses feuilles. À l’approche de l’océan, la végétation devient toute différente, avec beaucoup de roseaux, des baccaris et une plante très envahissante : la myriophyle du Brésil, d’origine Sud-Américaine.

Réserve naturelle nationale : classement et limites

Le site est classé en 1932. Ainsi, 53,28 ha deviennent site naturel classé le 4 mai 1943 pour leur intérêt pittoresque et paysager. La réserve naturelle du Courant d’Huchet a été créée le 29 septembre 1981. Cette mise en réserve naturelle du Courant d’Huchet située en Nouvelle Aquitaine est née de la volonté de conserver un site unique d’une grande richesse botanique en limitant les activités humaines ainsi qu’un excès de fréquentation touristique sur le courant. À cet effet, elle occupe une surface de 618 hectares et protège une partie de l’étang de Léon et son émissaire vers l’océan Atlantique, le Courant d’Huchet. Voici donc les limites de la réserve :

  1. le tiers occidental de l’étang de Léon et ses rives,
  2. le marais du cout de Montagne,
  3. le Courant d’Huchet et ses rives, à l’exception de l’embouchure,
  4. le marais de la Pipe et le marais d’Huchet.

Sur l’ensemble de la réserve, la répartition entre les différents types de statuts de propriété est la suivante :

  • 50 % du territoire appartient aux collectivités locales.
  • 27 % au domaine de l’État, géré par l’O.N.F.
  • 23 % à des propriétaires privés.

La répartition communale est la suivante :

  • Léon : 57,6 %
  • Moliets-et-Maa : 29,2 %
  • Vielle-Saint-Girons : 13,2 %

Notons également que 683 hectares du site sont classés en zone de protection spéciale en février 1988 et sont intégrés au réseau Natura 2 000.

La forêt galerie

On parle de « forêt galerie » à propos du Courant d’Huchet parce que les arbres n’hésitent pas à pousser à l’horizontale au-dessus de l’eau, et il faut souvent penser à baisser la tête pour passer.

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